FR0041 SNCASE Mistral

Historique : 
L'industrie aéronautique française, sévèrement affectée par la Seconde guerre mondiale, utilise les chaînes de montage existantes (Nord Criquet, qui est un Fieseler Storch adapté) ou lance la production d'appareils sous licence. Parmi ces derniers, le DH 100 Vampire est construit par la SNCASE à raison de 187 exemplaires. Toutefois, le Vampire apparaît sous motorisé. De Havilland avait déjà étudié l'adaptation d'un moteur Rolls-Royce Nene sur le Vampire, la SNCASE reprend ces études pour produire le Mistral (l'Australie fait de même, en parallèle).

Le Mistral (alias DH 100 Mk 53) est l'adaptation du Vampire au Rolls-Royce Nene, également construit sous licence en France, qui délivre 61 % de puissance en plus que le DH Goblin 2 qui équipe la majorité des Vampire monoplaces, avec seulement un encombrement légèrement supérieur. Ceci impose des modifications importantes de l'appareil : les entrées d'air sont redessinées, en utilisant les travaux d'Armstrong Whitworth sur le Seahawk, les ailes modifiées pour adaptation de réservoirs, le ventre est légèrement gonflé pour faciliter l'écoulement d'air.

Les Mistral de série produits jusqu'au numéro 97 portent la désignation SE-532, les suivants sont des SE-535, la différence entre les deux versions tient uniquement au siège du pilote, fixe sur le SE-532, éjectable sur le SE-535. Les sièges éjectables E86 sont montés, lors d'opérations de maintenance, sur les SE-532, qui prennent alors la désignation SE-535.

Probablement la variante du Vampire monoplace la plus performante et la plus perfectionnée, le Mistral n'est cependant guère plus rapide que les autres Vampire, à cause des limitations de l'appareil au Mach critique, qui est aisément atteint en altitude élevée. En dépit de ces contraintes, le 21 décembre 1952, Jacqueline Auriol bat le record du monde féminin sur avion à réaction sur un Mistral, qui est affecté ultérieurement à la 7 ème EC.

La SNCASE construit 247 exemplaires du Mistral entre 1951 et 1953 dans son usine de Marignane. Le n°2 se voit même essayer un train d’atterrissage à skis. La climatisation cabine est adaptée pour les appareils servant en Afrique du Nord, et, suite à de nombreux éclatements verrière, l'altitude maximum est limitée à 7 500 m.

Les Escadres de Chasse suivantes sont équipées de Mistral : 6 ème (Oran-La Sénia), juin 1952 / 1960, 7 ème (Bizerte-Sidi Ahmed), printemps 53/ 1961, 5 ème (Orange-Caritat) 1954/ 1957, 8 ème (Rabat-Salé), mars 1955/ septembre 1959. Elles sont toutes engagées en Algérie, ainsi que l'escadron 1/20 (base Oran puis Boufarik) qui utilise les Mistral provenant de la 7 ème EC de décembre 1957 jusqu'en octobre 1960. Des Mistral sont également affectés à l’École de l'Air.

Spécifications : monomoteur monoplace de chasse et d'attaque au sol. Moteur  : Rolls-Royce NENE de 2 270 kgp. Envergure 11,58 m, longueur 9,37 m, surface alaire 24,25 m2, masse 4 926 kg. Vitesse maximale : 915 km/h. Plafond 13 400 m, autonomie 1 300 km, 1 800 km avec réservoirs supplémentaires. Armement : 4 canons Hispano M 50 de 20 mm. Emport de 8 lance-roquettes et deux bombes de 450 kg, ou deux réservoirs largables de 454 litres chacun.

Camouflages :
  • Mistral SE-535 n°82, 8-PB, EC 1/8 "Maghreb", Rabat-Salé, Maroc, 1957.
  • Mistral SE-535 n°195, 7-BC, 7 ème EC, Telergma, Algérie, 19 août 1958.
  • Mistral SE-535 n°64, 20-LF, EC 1/20 "Ouarsenis", Boufarik, Algérie, 1959.

Remarques :

  • Les deux sièges pour le SE-532 et le SE-535 seront fournis dans la boîte, ce qui permettrait donc de monter un SE-532, à condition de réaliser les schémas de camouflage correspondants (jusqu'au 97, les Mistral produits sont des SE-532, les 535 les suivant sur la chaîne de production).
  • La ceinture de sécurité sera gravée avec le siège en résine, nous n'aurons donc pas de PE.

Documentation :

  • Fana de l'Aviation n°129 à 131 (août à octobre 1980), Jean Jacques Petit, Editions Larivière